Depuis quelques années les attaques et les actions des "anticorridas" sont plus nombreuses plus insidieuses et parfois violentes et bénéficient de soutiens très médiatiques.
Même si ces actions, parfois très virulentes, ne sont pas prêtes d'aboutir en France, il n'en demeure pas moins que les aficionados doivent réagir et doivent avoir la liberté d'assister aux spectacles taurins.
Si un jour cet abolitionnisme atteignait la corrida il est certain qu'alors les prochaines victimes seraient la course camarguaise, les abrivados et tous les spectacles taurins.
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"Camargue à vélo" ou « Le Tour des Biòu d’Or »
En préambule à cette soirée, notre présidente Claudette Monnier a rendu un hommage émouvant à Bernard Hyacinthe, son prédécesseur, décédé soudainement le 27 avril, en rappelant le rôle essentiel de Bernard dans la défense de toutes les tauromachies. Bernard, qui a été un président ô combien précieux, a marqué de son empreinte la vie de notre association. Aficionado chaleureux et bon vivant, son enthousiasme, sa vaste culture taurine, ses connaissances, son estrambord, vont nous manquer. Sa disparition laisse un grand vide.
Il est des idées simples dont on se demande pourquoi personne n’y a pensé plus tôt. C’est ce que Milan Boukharta et Dorian Friakh ont dû se dire en prenant le départ de leur périple camarguais depuis Pérols, en vélo « musculaire » se plaisent-ils à dire, chargés comme des mules, pour aller visiter ces endroits de Camargue, quelquefois très connus pour certains, pour d’autres beaucoup moins, où vécurent ces taureaux mythiques, ceux qui furent sacrés Biòu d’Or par cette institution septuagénaire, le Trophée Taurin Midi-Libre La Provence, fondée en 1951 et élisant depuis 1954 celui qui a ses yeux est le meilleur taureau de la saison et qui donc devient Biòu d’Or de l’année.
C’est cette aventure, que ces deux jeunes razeteurs sont venus nous compter ce 18 juin salle de l’Orangerie à Salinelles en s’appuyant sur cet excellent film qui en a découlé, et qu’ils nous présentaient ce jour-là, justifié par la visite de ces 20 lieux chargés d’histoire, toujours agréablement reçus par les manadiers qui en furent leur propriétaire.
Le programme de ce périple était donc établi bien avant le départ et peu importe le temps qui ne pouvait être toujours clément, car c’est le 14 janvier 2024, au cœur de l’hiver, que les deux amis prenaient la route pour revenir au point de départ le 2 février. Les nuits confortables seront rares, leur confort sommaire, voire précaire, mais peu importe, ils ont décidé de vivre « à la dure » ces 20 jours d’expédition camarguaise.
Quelques chiffres pour quantifier l’opération : depuis 1954, 74 Biòu d’Or, répartis dans 21 manades dont 20 lieux. Donc 20 manades à visiter en 20 jours, 450 km de prévus à bicyclette et finalement 550 km de réalisés.
Ils le disent clairement : « C’est une déclaration d’amour à nos terres, à nos traditions et à l’amitié qui nous unit. Nous avons beaucoup appris au cours de ce périple. Nous avons vécu des moments extraordinaires, rencontré des personnes exceptionnelles et vu de magnifiques paysages ». Au fil de leur aventure, ils ont recueilli des témoignages et anecdotes uniques et inédites, particulièrement bien retracés dans ce film d’environ une heure. "Ce tour est l’aventure de notre vie, issue d’un rêve d’enfant, le rêve de deux jeunes Péroliens qui s'imaginaient un jour aller vivre et rencontrer tous ces élevages mythiques et historiques. Pourquoi à vélo ? Parce que nous, avant, on prenait notre vélo pour aller de manade en manade pour pouvoir razeter !", ajoutent-ils encore.
Après la projection, Dorian et Milan répondent longuement aux questions posées, avec compétence et la chaleur humaine qui les caractérisent. Ils nous font part de leurs multiples anecdotes dont celle concernant la manade du Joncas, size dans le haut Gard, où il convient de convertir les qualités de razeteur en celles de coureur cycliste pour l’atteindre.
On apprend aussi qu’ils interviennent dans le milieu scolaire pour insuffler auprès des jeunes toutes les valeurs qui émanent de notre culture. Bref, il est facile de déceler de multiples qualités dans ces deux jeunes hommes qui font particulièrement honneur à notre culture en la projetant vers le haut, en la montrant dans sa plus belle facette.
La fin de la soirée se termine non moins agréablement par le tirage au sort d’une tombola, mise en place pour la circonstance, et bien sûr par quelques agapes que l’Aficion a toujours le soin de proposer à la fin de ses conférences et qui s’était déroulé un fois de plus devant une belle assistance de cette grande salle de Salinelles.
Hommage de Claudette Monnier à Bernard Hyacinte.
Les photos sont de Éric Pattus

