Depuis quelques années les attaques et les actions des "anticorridas" sont plus nombreuses plus insidieuses et parfois violentes et bénéficient de soutiens très médiatiques.
Même si ces actions, parfois très virulentes, ne sont pas prêtes d'aboutir en France, il n'en demeure pas moins que les aficionados doivent réagir et doivent avoir la liberté d'assister aux spectacles taurins.
Si un jour cet abolitionnisme atteignait la corrida il est certain qu'alors les prochaines victimes seraient la course camarguaise, les abrivados et tous les spectacles taurins.
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C’est ce dimanche 26 avril que l’Aficion de Sommières avait pris le chemin du plat pays pour sa sortie annuelle, en l’occurrence chez les Raynaud, la manade la plus ancienne de Camargue, fondée en 1904, la plus au Sud, la plus exposée à la mer et probablement la plus sympathique.
Sept générations pour dérouler ce long parcours, fait d’une renommée taurine prestigieuse et d’une tradition d’accueil qui n’est plus à prouver, la septième génération s’imprégnant déjà des senteurs printanières et du climat taurin depuis son berceau.
Une centaine de personnes, ou presque, dont une dizaine d’enfants à notre grande satisfaction, qui se retrouvent autour du déjeuner offert par l’Aficion avant de prendre place dans un train de trois remorques confortables et sécurisées.
Au rythme d’un petit train un domaine de mille hectares nécessite forcement quelques déplacements conséquents à travers « l’engane », autrement dit la Salicorne pour ceux qui ne sont pas du coin. Déplacements agréables propices à la parlotte, la Camargue venant à nous. Pas très loin de la mer, on se doute du fort taux de salinité du sol, « l’engane » étant à peu près la seule espèce végétale à y trouver son bonheur.
La traversée d’une grande étendue de cette plante résiliente vient nous positionner près de l’étang d’Icard où quelques minutes sont nécessaires pour apercevoir les chemises des cavaliers à travers les tamaris, l’arbre local fétiche et divinisé, l’église des Saintes Maries se détachant dans le lointain.
Rachel nous donne la justification de cette petite attente : les vaches et leur progéniture ont un faible pour le « reculé », endroit où le Rhône veut imiter la Seine en se prélassant dans une boucle, et où il fait même mine de revenir vers sa source, l’herbe étant alors meilleure ici qu’ailleurs en bénéficiant des bontés du Rhône et de ses limons lorsqu’il sort de son lit.
Long déplacement de tout le monde pour se rapprocher du mas puis de l’endroit des « coursejades » en vue de la ferrade. On ne sait pas qui accompagne qui. Sur les remorques on est idéalement placé en dominant la vingtaine de chevaux et la cinquantaine de vaches et veaux ou anoubles qui trottinent le long du convoi, sentiment agréable.
Ferrade classique dans les règles de l’art, les remorques constituant un arc de cercle très convivial, puis nous voilà en direction du vaste clos de tri pour une démonstration qui ne manquait pas de piquant, les jeunes vaches se montrant réticentes, préférant manifestement la solitude du « reculé » aux contraintes du travail.
Que dire de l’apéritif, offert lui aussi par l’aficion, et du repas proposés par la manade, qui s’en suivirent ? Rien, sauf à se dire que tout était parfait, repas ponctué par quelques mots émouvants de notre présidente.
La fin d’après-midi nous invite à nous rendre à la plage, à quelques centaines de mètres, rongée par la mer à cet endroit depuis la nuit des temps malgré l’enrochement, à raison de 2 mètres par an nous dit Frédéric, travail de sape qui se cumule aux coups de mer des équinoxes et qui altèrent gravement les pâtures.
Ici, dans ce plat pays, le nôtre, pas celui de Jacques Brel, pas des canards perdus dans la brume mais des flamands qui viennent tourner plusieurs fois au-dessus de nous en offrant leur couleur orangée au soleil couchant pour ponctuer cette journée idéale.
Avant de quitter le Grand Radeau, nous apercevons le vieux Ratis, venu nous saluer, qui effectue une promenade solitaire derrière le mas. Ratis, le grand Ratis, Bioù d’Or en 2013, idéalement nommé, Ratis se traduisant par « radeau » en langage local, la ville portant même le nom de Sancta Maria de Ratis (Sainte Marie du radeau) vers le VIème siècle.
Les photos sont de Eric Pattus et Véronique Monbel

